Jeudi 19 mars 2009 4 19 /03 /Mars /2009 18:08

On dit souvent que l’on se rend compte de ce qui nous entoure, ce qui fait notre quotidien, que lorsqu’il semble nous échapper. Cependant, ce sentiment d’éloignement, même si il est présent dans nos esprits, n’a pas été le leitmotiv de ce blog. Il s’agit plutôt d’un désir de partager des lieux, des sensations, des instants de plaisirs que la nostalgie d’un pays momentanément quitté.

Ce blog est donc le témoignage de deux drômoises, aujourd’hui adoptées par d’autres « pays provençaux ». Ce patrimoine dévoilé peut être distingué par deux catégories : les lieux d’enfances qu’on a le plaisir de (re)visiter et des lieux spontanés que l’on découvre pour la première fois.

Nos commentaires ne se veulent pas critiques mais plutôt instantanés, subjectifs et instinctifs. Parmi l’ensemble éclectique que forment les lieux culturels provençaux certains peuvent être qualifiés d’exceptionnels. Nous espérons que nous en croiserons quelques uns dans notre périple !

En espérant que nos expérimentations, plus ou moins agréables, et surtout nos coups de cœur vous permettent de découvrir notre Provence et qu’ils vous invitent à bouger !!!

Alors bonnes visites !!!

Publié dans : article - Par muriel-anne
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Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /Mars /2009 10:00

Le château de Suze-la-Rousse tient une place toute particulière dans nos souvenirs d’enfance. Il évoque des dimanches à jouer à cache-cache dans la Garenne, des soirs de bal costumé dans sa Grande salle, des fêtes de la musique… Aujourd’hui nous ne participons plus aux festivités organisées au château mais nous l’avons revisité pour vous.

 


Le château de Suze-la-Rousse trône au sommet d’une petite colline où se loge dès l’Antiquité un oppidum. Il impose de son promontoire toute sa puissance sur le village qui s’étend à ces pieds. Construit par la famille des Baux, princes d’Orange, au XIIe siècle, il s’installe à l’emplacement d’un ancien relais de chasse. Celui-ci avait eté donné par Charlemagne à son cousin Guillaume d’Aquitaine.

Le château médiéval qui sert de place forte est paraît de tous les attributs défensifs : mâchicoulis, créneaux, tourelles, échauguettes, meurtrières. En se baladant autour du monument on peut toujours observer ce dispositif militaire. A plusieurs reprises, comme en 1587 contre les Calvinistes, le château démontre son efficacité à défendre les habitants du village. Une porte, dite « du derniers recours », est installée au XVIe siècle afin que les villageois pénètrent directement au cœur de l’édifice protecteur. A l’instar de leur château les seigneurs de Suze vont s’illustrer dans les conflits qui jalonnent l’Histoire de France. A la famille des Baux succèdent celle des La Baume au cours du XVIe siècle. Le plus connu d’entre eux reste François de la Baume qui devient seigneur de Suze en 1551. Fervent catholique il se bat au côté du roi de France lors des guerres de Religion. Sa loyauté envers le royaume est récompensée en 1572. La seigneurie de Suze est alors érigée en Comté. Quelques années plus tard en 1578, François de la Baume est nommé par Henri III Amiral des mers du Levant et Gouverneur de Provence. Gouvernement qu’il doit abandonner un an plus tard. Le Comte de la Baume est mortellement blessé à Montélimar lors du siège de la ville par les Huguenots en 1587. La dernière descendante de la famille des La Baume-Suze, la comtesse de Bruyas décède en 1958. Elle lègue le château à l’association parisienne des « Apprentis orphelins d’Auteuil ». L’association qui n’a pas les moyens suffisants pour entretenir l’édifice le vend aux enchères en 1963. Le Conseil général de la Drôme use de son droit de préemption pour l’acheter.

Le château de Suze-la-Rousse se transforme au cours des siècles mais il garde son aspect extérieur massif. Il est construit avec des pierres prélevées sur le promontoire où il est situé. Sa façade principale est flanquée de deux tours colossales. Elles sont renforcées à leur base par des contreforts qui se terminent dans le fossé protégeant l’accès au château. On devine à gauche de l’entrée une ancienne porte et on aperçoit la naissance de l’arc qui soutenait le premier pont d’accès. Au XVIe siècle l’apparence du monument est adoucie par l’ajout d’ouvertures sur ses façades. La forteresse est mise au goût du jour à cette époque. Le pont-levis est remplacé par un pont dormant que l’on emprunte encore aujourd’hui. On pénètre dans le château par une porte Louis XIII. La cour intérieure est directement inspirée du style italien avec ses fenêtres à meneaux, ses arcades et ses façades décorées de pilastres d’ordres toscan, ionique et corinthien. Les écussons et les gargouilles qui décoraient la cour ont été en grande partie détruits durant la Révolution. Ils sont aujourd’hui restaurés pour la plupart d’entre eux. On en a juste gardé quelques uns pour témoigner des évènements révolutionnaires. La cour a retrouvé sa splendeur d’antan. J’ai toujours imaginé en ce lieu la noblesse de la région parée de ses plus beaux atours venant rendre visite au seigneur de Suze. Ce dernier recevant ses hôtes en haut de l’escalier à double révolution, construit en 1626, qui se déploie, majestueux, dans le vestibule de l’édifice. Il faut lever les yeux pour observer la maîtrise de la technique employée lors de la construction de cet espace. Pour produire une élévation aux lignes douces les bâtisseurs ont utilisé le système des voûssements. Ainsi on obtient une architecture toute en courbes. L’escalier a lui aussi été victime des destructions de la Révolution. Il est entièrement restauré au XIXe siècle. On va alors joué sur les faux semblant en réalisant des décors en trompe l’œil. Approchez vous des marbres et vous constaterez la supercherie !!!

 
La cour d’honneur comme le grand escalier ont été réalisés avec des pierres de Saint Restitut (26). A l’étage s’ouvrent à nous la salle des Armures puis la salle de Gardes. On voit lorsqu’on rentre dans cette pièce une immense cheminée datant du XVIe siècle et un portrait grandeur nature représentant en un seul personnage les hommes de la famille des La Baume-Suze. Deux autres tableaux illustrant François de la Baume à la bataille de Montélimar ornent le mur de par et d’autres de la cheminée. C’est dans ce décor propice à nos rêves de petites filles que nous avons passé étant enfants quelques soirées inoubliables. Qui a dit que grandir dans un petit village drômois était ennuyeux ?!

La visite du château se poursuit dans la bibliothèque avec son plafond en châtaignier du XVIe siècle. Suivent trois petites pièces où sont organisées depuis quelques années des expositions de photographies. Dans la première jouez les détectives pour trouver une cachette sous une dalle du plancher. Dans la seconde des ornements en gypse décorent les murs. En regardant attentivement on reconnait les quatre saisons. Dans cette salle également se dissimulent des petits détails originaux. Il faut observer les peintures qui agrémentent les deux fontaines accolées à la paroi nord. Des visages d’anges se cachent dans les bulles… Une dernière pièce est à découvrir dans la tour nord. Il s’agit du salon octogonal. Là encore le plafond est paré de gypserie. Ce décor sur le thème de la vigne date du XVIIIe siècle.

Le château de Suze-la-Rousse héberge depuis 1978 l’Université du Vin qui accueille des étudiants venus du monde entier désireux de travailler dans les métiers de la vigne et du vin (commerce, œnologie, métier de bouche). On ne peut donc pas visiter le deuxième étage du château où se trouvent les bureaux et une partie des salles de cours de l’Université.

Il nous reste à visiter « la Garenne ». Ce parc de 23 hectares s’étend à l’ouest du château de Suze-la-Rousse. En sortant de l’édifice, sur votre droite, vous pouvez pénétrer dans le jeu de paume. Ce bâtiment à une histoire assez exceptionnel. La légende raconte qu’il aurait été bâti en trois jours et trois nuits par les habitants du village sous les ordres de François de la Baume-Suze. Cette construction hâtive est due à la visite de la  cour royale. Le 21 septembre 1564 Suze accueille le jeune roi de France Henri IX, sa mère Catherine de Médicis, sa sœur Margot, le duc d’Anjou, Henri de Navarre et autres cardinal de Guise et duc de Savoie. C’est pour plaire au roi alors âgé de 14 ans qu’aurait été construit le jeu de paume, jeu qu’il affectionnait tout particulièrement. Il ne subsiste aujourd’hui que les murs d’enceintes de cet ancêtre du tennis. Catherine de Médicis revient à Suze-le-Rousse le 15 juillet 1579 lors d’un second voyage mais cette fois dans le but de faire cesser les affrontements entre les catholiques et les protestants du Dauphinais.

Vous pouvez ensuite vous baladez dans les sentiers qui jalonnent toute la forêt. A l’extrême ouest du parc vous découvrirez la chapelle Saint Michel qui date du XVIIe siècle. En revenant sur vos pas suivez le fléchage qui vous guide jusqu’à la glacière récemment mise en valeur. Contrairement au jeu de Paume, et on le déplore, il n’existe pas de panneau qui nous renseigne sur ce vestige. C’est également le cas pour le pigeonnier qui se trouve à quelques mètres à l’est. Il ne reste de ce dernier que la structure en arrondie, le toit ayant en grande partie disparu. Ce qui vaut surtout le détour en ce lieu c’est la vue que l’on a sur le village et sur son territoire avec son vignoble à perte de vue et les pré alpes en arrière plan. Nous vous conseillons de terminer votre promenade en descendant au pied du château. On se trouve alors dans le fossé qui protégeait autrefois le monument. On ressent toute la force de la forteresse médiévale qui s’élève sous nos yeux. Sur la droite on peut voir les bâtiments de l’Université du Vin. En logeant le château vous arrivez devant la porte « du dernier recours ». Vous pouvez pour terminer votre promenade descendre dans le village par la calade récemment restaurée. Vous parvenez par ce chemin dans le vieux Suze.

 

Le château de Suze-la-Rousse est classé au Monument Historique depuis 1964. Il est géré par le département qui organise chaque année en relation avec le château des Adhémar à Montélimar et le château de Grignan des évènements autour de l’art contemporain. Le château de Suze reçoit également dans sa cour d’honneur les mois d’été des concerts classiques.

Nous espérons que vous apprécierez autant que nous ce château cher à notre cœur qui restera à jamais le symbole du village de notre enfance.

Bonne visite et à bientôt pour d’autres découverte en Provence. 

Rendez-vous dans l'album pour visualiser toutes nos photos du château de Suze-la-Rousse.

 


Publié dans : article - Communauté : Un petit coin de France - Par muriel-anne
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Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /Avr /2009 19:48

Lorsqu’on arrive à Velaux on est accueilli par des champs d’oliviers  et des vignes : ça commence bien !

Le site archéologique de Roquepertuse, il faut l’avouer, n’est pas très bien indiqué. Mais vous pourrez facilement le repérer sur les plans d’information que l’on trouve dans Velaux. Le site se trouve à quelques kilomètres du centre ville. C’est l’occasion de garer la voiture et de faire une petite balade dans le site naturel où se loge Roquepertuse, entre forêt et garrigue. 
Roquepertuse est situé sur un plateau protégé au nord-est par une falaise. A proximité se déploie la ville haute. La ville basse, en contre-bas, s’étend sur un terrain en pente aménagé par sept terrasses. Les deux quartiers sont séparés par un cirque rocheux.

 

Le site archéologique de Roquepertuse a été découvert en 1860. Les inventeurs1 du site mettent alors au jour deux statues de « guerriers accroupis ». Celles-ci sont devenues depuis les symboles du site. Elles font naître beaucoup de fantasmes à propos de Roquepertuse. H. de Guérin-Ricard, premier archéologue du site, enrichit cet imaginaire avec de nouvelles trouvailles. Il débute des fouilles à Roquepertuse en 1919 pour le compte des musées de Marseille. Il soutient la thèse affirmant que le site de Velaux fut un centre religieux celto-ligure de premier plan. Ses fouilles et celles de ces prédécesseurs notamment celles qui reprennent en 1991 sont très fructueuses. On met au jour un portique, un rempart, un escalier monumental, des habitations et d’autres sculptures comme l’ « Hermès » bicéphale (cette statue n’est plus attribuer à Hermès aujourd’hui). Les dernières fouilles du site sont menées par P. Boissinot. Malgré l’importance des découvertes faites à Roquepertuse les chercheurs de ces dernières décennies sont revenus sur l’hypothèse définisant le site comme un centre cultuel. Même s’il reste quelques zones d’ombres dans l’histoire de Roquepertuse les récentes recherches ont permis de mettre au point la chronologie du site.

 

Roquepertuse a connu sept phases d’occupation du Néolithique (9000 à 6000 avant J-C) à la fin du IIIe siècle avant J-C. Ces différentes ères sont entrecoupées de périodes d’abandon. La cité de Roquepertuse évolue jusqu’au IIIe siècle avant J-C, date à laquelle elle atteint son expansion maximale, environ un demi hectare. Lorsque le village est abandonné pour la dernière fois il regroupe seulement quelques habitations concentrées autour du « centre ancien » près du rempart. Le stockage semble être la principale activité qui anime ces ultimes habitants. On a retrouvé pour cette phase d’occupation de nombreux dolium2 et des graines carbonisées. Une habitation semblait également servir de bergerie. Les découvertes archéologiques permettrent d’attester que ce village modeste a été détruit par le feu. Beaucoup de tessons de céramique et autres objets gardent des traces d’incendie. On a également retrouvé des boulets en pierre qui font partie des armes utilisées à cette époque lors de bataille. Les chercheurs ne sont pas encore capables d’identifier les protagonistes de cette attaque.

Mais revenons plutôt à ce qui a fait de Roquepertuse un site particulier du midi de la France. Les fouilles de 1995-96 mettent au jour un rempart. Cette fortification est construite en deux temps. Vers 300 avant J-C un premier rempart est érigé. Il fait 1,2 m d’épaisseur. Il est pourvu d’au moins une tour (seule une tour a été mise au jour jusqu’à présent) et d’une porte monumentale. On a retrouvé pour cette dernière les éléments en bois qui permettaient de faire pivoter deux vantaux. Pour accéder à la porte principale est aménagé un escalier d’honneur encore visible aujourd’hui. La tour dessine un quart de cercle de 4,8 m de diamètre avec un saillant d’environ 2 m par rapport à la courtine du rempart. Celui-ci est remanié vers 250 avant J-C. Il est renforcé et atteint alors 2 m d’épaisseur. La fortification se déploie du vallon (sud-ouest du site) au rocher où est logée la ville haute. Au-delà du rempart se développe un quartier extra muros.

Autre vestige remarquable de Roquepertuse : son portique. Cet élément architectural, construit vers le milieu du IIIe siècle avant J-C, est composé de piliers en pierre avec de petites niches où étaient disposés des crânes. Les chercheurs y voient dans un premier temps un nouvel indice qui corrobore la thèse de H. de Guérin-Ricard. Mais aujourd’hui ils hésitent à intégrer ce portique dans un espace public ou un espace privé. Il semble que les statues des « guerriers accroupis » seraient liées au monument d’où provient le portique. Ces sculptures feraient parti d’une « galerie des héros ».

 

En 2004 le site archéologique de Roquepertuse a été aménagé pour permettre aux visiteurs de mieux appréhender ses vestiges. On a choisi de montrer la cité du IIIe siècle avant notre ère. Pour cela des murs ont été bâtis sur les vestiges protohistoriques. Ceux-ci sont laissés volontairement sous terre pour des raisons de conservation. La ville de Velaux a également installé sur le site des tables d’information. D'autres projets d'embellisement du site sont à venir. Vous pourrez voir les moulages des plus importants objets retrouvés à Roquepertuse ainsi que du portique au Musée de la Tour dans le centre historique de Velaux. Pour voir les originaux il faudra vous rendre au Musée d’Archéologie Méditerranéenne de la Vieille Charité à Marseille.

 

N’hésitez pas à jeter un œil à l’album photos. Et n’oubliez pas d’aller visiter les sites patrimoniaux qui sont très souvent aux pieds de vos portes ou presque. Adoptez ce nouveau slogan : La culture un remède contre la crise !

Bibliographie de l'article:

Boissinot (P.), Gantès (L.-F.) : La chronologie de Roquepertuse. Propositions préliminaires à l'issue des campagnes 1994-1999. D.A.M., n°23, 2000, pp.249-271
Chausserie-Laprée (J.) : Le temps des Gaulois en Povence, Musée Ziem, Martigues, 2000

1. Personne qui découvre un site archéologique
2. Grandes jarres pour stocker le vin et les graines.

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Mercredi 15 avril 2009 3 15 /04 /Avr /2009 19:53

Je vous livre ici mes découvertes de la semaine dernière. Destination 06.
J'ai d'abord fait un petit tour à Grasse. La ville vaut à elle seule le détour. Le centre-ville s'étale à flanc de colline. Ses immeubles sont parés de couleurs flamboyantes qui nous rapellent que nous sommes en Provence. Vous pouvez vous promenez dans les rues piétonnes et profitez de la vue expectionnelle sur la vallée en contre-bas de Grasse.
Je vous conseille, après votre petit tour dans la ville, de vous rendre au Musée international de la Parfumerie. Cette structure récemment rénovée dévoile l'histoire du parfum dans diverses salles à la scénographie épurée.
Les premières salles du musée nous mettent dans l'ambiance. On rentre tout d'abord dans une pièce avec des grands écrans. Des photos de diverses plantes sont projetées. Simultanément est vaporisée dans la salle l'odeur de la plante en question. Si ce dispositif part d'une idée originale on ne distingue plus vraiment les différentes essences, c'est un peu dommage. Vous pénétrerez ensuite dans une serre qui présente différentes plantes et leurs provenances. La suite de la visite se déroule dans une dixaine de petites pièces. Elles nous entraînent dans un parcours chronologique de l'Antiquité jusqu'à nos jours. On peut y voir la place du parfum dans la vie quotidienne des populations de ces différentes époques. Le discours est illustré par des milliers de flacons et d'objets liées à la beauté (miroir, boîtes à maquillage...). On finit la visite par les derniers parfums édités. Vous pourrez voir aussi des anciennes machines qui servaient à la confection du parfum et vous traverserez un laborateur comme ceux utilisé par les chimistes actuels.
Ensuite je me suis rendu à la fondation Maegh à Saint Paul de Vence. C'est vrai que le billet d'entrée n'est pas donné. Il vous faudra débourser 11 euros pour pénétrer dans ce temple de l'art contemporain. Braque, Chagall, Bury, Míro, Giacometi, Léger, Calder font parti des artistes exposés dans ce lieu spécialement conçu pour les recevoir. L'architecture de la fondation est en elle-même une oeuvre d'art. Son concepteur Joseph Lluis Sert a imaginé des espaces dans lesquels la collection de Aimé et Marguerite Maeght dévoile tous ses trésors. Vous verez ici rassemblés les pièces maîtresses des expositions d'art contemporain du monde entier. Depuis 1964, date de son inauguration, la fondation Maeght organise directement des expositions temporaires. Jusqu'au 14 juin 2009 sont exposés des tableaux de Jacques Monory sur le thème du "Tigre". Personnellement j'ai préféré la collection permanente de la fondation et tout spécifiquement  les oeuvres du "labyrinthe de Míro". Mais je vous conseille de jeter un oeil sur le site internet de l'artiste où vous pourez admirer l'ensemble de son oeuvre.
Pour finir la journée, un petit passage au village de Saint Paul à quelques kilomètres de la fondation. J'espère que vous aimez les bains de foule. Nous sommes seulement au mois d'avril et les rues de cette place-forte aux remparts élevés sous François Ier sont noires de touristes venus de toute l'Europe. Ce petit village provençal connaît une renommée croissante après la Seconde Guerre Mondiale grâce aux artistes et gens du cinéma qui viennent y passer des vacances. Aujourd'hui des dixaines de galerie d'art et d'hôtels de luxe attirent des visiteurs du monde entier.

 

 

A bientôt pour une nouvelle découverte provençale.

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Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /Mai /2009 18:10

 

 

Nous avons décidé de vous présenter aujourd’hui le site archéologique de Saint Blaise. C’est un lieu de promenade très couru des habitants de l’ouest de l’étang de Berre. Mais très peu connaissent l'histoire de cette cité gauloise. Je vous emmène faire la balade !

 

Ce site classé depuis 1943 aux Monuments Historiques jouit d’une situation géographique exceptionnelle. Il est niché à la croisée de la plaine de la Crau et de l’étang de Berre, à proximité du golfe de Fos, sur la commune de Saint-Mitre-les-Remparts. C’est cette situation privilégiée qui a attiré les hommes du Néolithique, premier habitants de Saint Blaise. Le site sera occupé jusqu’au XIVe siècle ap. J.C.

 

Nous ignorons le nom antique de Saint Blaise. La dénomination qu’on lui donne aujourd’hui vient du nom de la chapelle romane située près de l’entrée du site archéologique. Devant elle s’étendent les vestiges de deux églises paléochrétiennes successives. En face de ces édifices un rempart, érigé en 1231, délimite le site médiéval de Castelveyre. Une fois que vous aurait franchi cette fortification vous pénétrerez dans le site archéologique. Enfin si le gardien est là ! Je suis mauvaise langue... Vous avez 95% de chance que le site soit ouvert. Sinon longez par la gauche le site et vous pourrez quand même voir la nécropole paléochrétienne et le rempart de facture grec de la ville basse. C’est justement par la ville basse que commence la visite.

Longez le grillage à l'est du site. A quelques pas de là s'élève majestueux et presque irréel en ce lieu, un rempart d'allure hellénistique.  

En 625 av. J.-C. est fondée la cité gauloise de Saint Blaise. Elle est protégée par une première fortification que l'on aperçoit sous le rempart de type grec. A cet époque les habitants de Saint Blaise commencent à réaliser des échanges commerciaux dans toute la Méditerranée notamment avec les Etrusques et les Grecs. A partir de 200 av. J.-C., la cité connait un remaniement urbain qui réorganise les édifices publiques et privés autour d'un axe principal et de plusieurs rues secondaires. Le rempart de facture hellénistique est construit pour protèger la nouvelle ville (170-140 av. J.-C.). Ses courtines s'élèvent à plus de six mètres et ses tours attégnent neuf mètres de haut. La porte charretière de trois mètres de large est protégée par un bastion. La fortification devient le symbole de la puissance de la cité gauloise. Ce déploiement de richesse n'est pas du goût de tout le monde en particulier de leurs voisins phocéens. En 130-120 av. J.-C. les Marseillais épaulés par des troupes romaines assiègent Saint Blaise. La cité subit d'irrémédiables dégâts. Le site est abandonné jusqu'en 400 de notre ère. Née alors la ville paléochrétienne d'Ugium. Elle aussi se dote d'un  rempart qui suit le tracée des deux fortifications précédentes. Les vestiges de la ville basse qui sont visibles aujourd'hui datent de cette époque.  La porte charretière et le bastion gaulois sont barrés par l'église de Saint Vincent d'Ugium. Cet édifice est l'une des plus grandes églises paléochrétiennes de Provence.


Montez ensuite vers la ville haute. Avant d'atteindre le plateau faites une pause pour admirer le point de vue sur la ville basse. 
L'un des premiers vestiges que vous croiserez dans la ville haute est une cabane archaïque qui date du VIe siècle avant J.C. A quelques mètres de là à été découvert un puit. Les chercheurs on pensait à une époque qu'il pouvait servir dans un rituel païen. Cette hypothèse est aujourd'hui remise en cause par les archéologues. Lorsque vous aurait fait encore quelques pas, vous pourrez admirer un point de vue magistral sur deux des étangs, celui de Lavalduc et de l'Engrenier, qui entourrent Saint Blaise. La forêt qui s'étend devant vous et qui va jusqu'à Castillon (Port-de-Bouc) est très récente. Elle date du XIXe siècle. Avant elle, se sont des champs d'oliviers que l'on pouvait voir à perte de vue. Et avant eux des champs cultivés de blé en majorité. On pouvez alors voir la mer de Saint Blaise. Ses habitants pouvez surveiller du seul bastion situé dans la ville haute les bâteaux qui entraient dans le port de Fos-sur-Mer. Après avoir longer cette avancée, observez attentivement les pierres taillées que vous trouverez par terre. Vous découvrirez alors des stèles de l'âge du bronze qui ont été réemploiées dans le rempart de la ville haute à l'époque gauloise.

 

Non loin de là vous pourrez emprunter une porte pour sortir du site et vous dirigez vers la nécropole paléochrétienne. Ce sont près de 300 tombes qui sont réunies au sud de Saint Blaise. Henri Rolland, le premier fouilleur du site, en a découvertes 132. Malheureusement les ossements ont totalement disparu. On peut uniquement se fier aux rapports de fouilles de M. Rolland. On sait ainsi que ces premiers chrétiens étaient inhumés nu, sans offrande et avec très peu de mobilier. Nous sommes en présence d'une nécropole tardive. Les archéologues n'ont pas trouvé pour l'instant les tombes des premiers habitants de Saint Blaise. Etaient-ils tous incinérés ou leurs dernières demeures se cachent-elles encore? Voilà l'une des nombreuses enigmes que le site de Saint-Blaise renferme encore de nos jours et qui présument des longues années de travail à venir pour les archéologues de la région.

 

Rendez-vous dans l'album pour visualiser quelques clichés de Saint Blaise.

 

A bientôt

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